Axèle Huchet-Lamotte
Sélectionnée pour une résidence à BONUS dans le cadre du dispositif Les Affluentes proposé par TALM, Axèle Huchet-Lamotte nous accueille dans son atelier nantais, où elle a travaillé aux côtés de sa camarade Aliette Boyer.
Entretien
Équipe communication - Axèle, peux-tu te présenter, ainsi que ton parcours ?
Axèle Huchet-Lamotte - Je suis artiste plasticienne : je fais principalement de la peinture et du dessin, et j'accorde beaucoup d'importance aux matériaux que j'utilise.
J'ai grandi près de la côte vendéenne et j'ai découvert TALM-Le Mans en faisant diverses portes ouvertes. Au lycée, j'ai rapidement su que je voulais intégrer ce type d'école. Celle du Mans s'est imposée car j'avais un peu de famille ici et l'école m'avait plu. J'y ai donc réalisé mes 5 années d'études avant d'atterrir dans la résidence où je suis maintenant, à BONUS.
EC - Lors de ton DNSEP à TALM, quels ont été les temps les plus marquants pour toi ?
AHL - Il y a eu plusieurs moments marquants : les diplômes sont toujours des temps forts, car ils représentent la conclusion de plusieurs années de travail et un moment de partage avec des professionnel·les extérieur·es à l'école.
J'ai aussi participé à l'exposition collective Stætionary, sous la coordination et la curation des cinéastes et professeurs·es David Kidman et Pip Chodorov. Ce projet réunissait des étudiant·es de l'Université Dongguk de Séoul, en Corée du Sud, et de TALM-Tours. Nous avons exposé à la Kote Gallery à Séoul, à la Film Gallery à Paris et au MAME à Tours.
En 2022, j'ai eu l'occasion de faire un périple à vélo avec David Kidman et quatre autres étudiant·es, depuis Paris jusqu'à Cassel, en Allemagne, où se tient tous les cinq ans la Documenta, une exposition d'art moderne et contemporain. À la manière d'André Cadere et de ses bâtons colorés, nous avons déposé une œuvre au sein de la Documenta.
Tout au long de mon cursus, j'ai également participé à l'ARC Les entremetteuses, qui a ensuite évolué vers Atelier transport, une réflexion sur les liens entre la peinture, le théâtre et la performance. Durant différents temps de travail, parfois à l'école et parfois à la Fonderie, un lieu culturel dédié aux arts vivants, nous nous sommes retrouvé·es en collectif pour réfléchir à ces notions. Ces moments ont toujours été forts et ont constitué des étapes importantes dans ma pratique personnelle. C'est tellement précieux de pouvoir participer à des projets comme celui-là.
EC - Comment s’est passée la transition entre le statut d’étudiante à l’école et celui d’artiste en résidence ?
AHL - Plutôt bien, même si ce n'est jamais de tout repos ! Après mon diplôme, j'étais un peu perdue. J'ai fait une saison d'été avant de repartir à Lima, la ville où j'avais fait mon Erasmus et dont je suis tombée amoureuse. Pendant ce temps dans la capitale péruvienne, j'ai postulé à beaucoup de résidences, mon retour en France était assez incertain… et puis j'ai reçu la réponse pour la résidence à BONUS en janvier.
Je suis très contente d'avoir eu cette opportunité à peine un an après le diplôme. J'ai pu me replonger entièrement dans ma pratique, dans un super cadre, entourée de plein d'autres artistes. L'équipe de BONUS est très à l'écoute et aidante, c’est un vrai bonheur !
Je profite vraiment de ce temps de résidence pour continuer ma pratique, mais aussi pour constituer des dossiers de candidature et postuler à différentes résidences et opportunités de travail.
EC - Quel est l'objectif de ta résidence ?
AHL - Je ne fonctionne pas par objectifs, la vie suit son cours, tout comme mes peintures qui s'inscrivent dans ce que je traverse au moment présent.
EC - Peux-tu nous parler de ton travail et ce que ce que t'a apporté cette résidence ?
AHL - Ma pratique naît d'une attention portée au monde qui m'entoure, je suis très observatrice. Une lumière, une odeur, une personne, une texture, une forme, tout cela s'imprime en moi, dans mon corps et ma mémoire, puis ressurgit transformé dans mes compositions.
Mon travail se développe ainsi à partir de perceptions sensibles, entre observation, absorption, réminiscence et reconstruction. Il donne forme à des traces perceptives, à des impressions fugitives, à des états intérieurs. Durant cette résidence, je continue à peindre et à dessiner en m'inspirant de ce que je traverse. J'ai aussi pu reprendre d'anciennes toiles, certaines en ont été transformées…
Cette résidence m'a permis de rencontrer plein d'autres artistes·es et d'avoir de superbes discussions autour de l'art. Avoir un atelier, c'est également avoir la possibilité d'inviter des professionnel·les du monde de l'art à venir voir mon travail. Ces temps d'échange sont très précieux pour l'avenir.
Bonus dispose également d'un pôle Print, avec un atelier de risographie, une technique que je voulais essayer depuis longtemps !
EC - Quels sont tes projets à l'issu de cette résidence ?
AHL - J'ai prolongé ma présence à BONUS, et d'autres projets se mettent en place… Il y a également une exposition collective des ancien·nes diplômé·es prévue en novembre 2026 !