Bloomy
Une exposition aux Bains douches, centre d'art contemporain
6 jeunes artistes – diplômé·es d'un DNSEP Art en 2025 – exposent au centre d'art contemporain les Bains douches, à Alençon du 8 au 22 janvier 2026.
Dans la continuité de leur 5e année
Cette exposition fait suite à un travail mené entre Sophie Vinet, directrice des Bains douches, Thomas Bauer et Géraldine Gourbe, professeur·es à TALM-Angers. Un programme pédagogique d'accompagnement à la professionnalisation avait été organisé tout au long de la 5e et dernière année des diplômé·es.
Avec Capucine B. Fonteneau, Fanny Douillard, Emma Hérault, Andrii Kozbar, Carla Maclard et Eftihia Peroulas.
Un commissariat de Sophie Vinet
Il est stimulant d’imaginer une exposition collective, sans stratégie prédéfinie, simplement de manière spontanée, portée par le désir de montrer et de partager le travail de six jeunes artistes que nous avons appris à connaître. Depuis maintenant un an, Géraldine, Pauline, Thomas et moi ¹, échangeons et tissons un lien organique et sensible autour de questions diverses, dans le cadre de workshops avec les étudiant.es de l’École supérieure d’art et design TALM Angers : le rapport à l’art, à la création, à l’école, à la nécessité, à l’argent, aux classes sociales, aux normes, aux utopies, aux relations, aux genres, aux institutions, aux possibles. Des conversations libres, faites d’envies partagées et d’idées qui prennent forme ou non.
Qu’est-ce qu’une exposition ? Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Qu’est-ce qu’un·e artiste ? Si nous partons du principe que nous ne savons pas — et c’est le choix que nous avons fait ensemble — alors ne pas savoir devient peut-être l’endroit où tout devient possible. C’est certainement là que, conjointement, des étudiant·es en école d’art et un centre d’art peuvent se rencontrer, se questionner et évoluer ensemble.
L’exposition intitulée Bloomy ² (comme un générique ou une crème à l’acide hyaluronique), ne se réfugie pas dans une thématique, mais explore plutôt le quotidien et l’expérience de personnes d’environ vingt-cinq ans qui, peut-être à l’instar d’artistes d’hier et de demain, s’opposent aux logiques de consommation, au travail imposé, au conformisme social et aux mécanismes d’aliénation.
En 1978, Brion Gysin et William S. Burroughs publiaient The Third Mind, un concept d’esprit qui émerge de l’interaction, n’appartient à personne, et peut se comprendre comme un tiers langage, s’opposant au vocabulaire déterminé par et pour le pouvoir.
C’est cette élasticité que nous avons expérimentée ensemble et qui, je l’espère, se révélera. Capucine B. Fonteneau, Fanny Douillard, Emma Hérault, Andrii Kobzar, Carla Maclard et Eftihia Peroulas interrogent les périphéries, les mémoires, les utopies et l’archive avec une acuité d’esprit et une créativité poétique remarquables.
C’est avant tout la puissance créative de ces six artistes qui a retenu notre attention. Quel est le point de départ de ces œuvres ? Où commencent-elles ? Que vont-elles devenir ? Bien que formé·es dans la même école, leurs démarches ne présentent finalement que peu de points communs. Pourtant, un élément majeur les unit : il et elles ne sont guidé·es ni par une esthétique prédéfinie ni par une pensée dominante. Ce sont leurs vies, leur jeune passé, qu’il et elles expriment à travers une grande liberté de médiums, laissant place à une transfiguration kaléidoscopique du quotidien — un quotidien sous acide, à la fois lumineux mais inévitablement anxiogène, fait de poèmes écrits sur des tickets de caisse ou des notices de médicaments ; un cinéma en papier, sans film ni fin, une sorte de new Nouvelle Vague ; une peinture dark d’une jeunesse dans un état d’Europe orientale ; une enquête théorique sur les récits saphiques ; les récits de l’absent et du disparu ; ou encore des paysages réinventés autour de l’héritage et la naissance de la mort.
Plus que cataloguer, détailler ou définir chaque œuvre et chaque artiste, ce que nous souhaitons proposer ici, c’est un espace d’expérience et de dialogue avec leurs pratiques, un moment pour percevoir ce qui les anime et les relie, sans chercher à tout figer ou expliquer. Cette exposition ne conclut pas : elle ouvre des situations.
Sophie Vinet
¹ Workshops organisés aux Bains-Douches avec Pauline Furon et Sophie Vinet, de septembre à avril 2025, dans le cadre du programme Sur le chemin des glaces mené par les enseignant·es Thomas Bauer et Géraldine Gourbe.
² Bloomy : peut se traduire par « fleuri », « en fleurs » ou « florissant ».