Le cheval de Séléné : du plâtre à l'impression 3D
Lors de votre visite de l'exposition Gypsothèque, vous pourrez découvrir un moulage à l'apparence un peu particulière, pourtant fidèle traits pour traits au plâtre qui lui fait face. Deux modèles du Cheval de Séléné, identiques mais bien différents.
L'exposition Gypsothèque, qui se tient à TALM-Le Mans du 3 au 21 mars 2026, propose aux visiteurs de se plonger dans les réserves de sculptures en plâtre, autant d'outils et de supports de transmissions académiques qui dialoguent autrement avec nous, aujourd'hui.
Au milieu de ces sculptures de tailles, de styles et de formes différentes, un modèle se distingue : Le cheval de Séléné, ayant pris forme... dans l'atelier robotique.
Shooting photo
À TALM-Le Mans, cet espace est géré par Raphaël Lherbier, technicien fabrication digitale. Tout au long de l'année, il accompagne et conseille les élèves en DNSEP Design computationnel mais aussi tous·tes celles et ceux dont le projet nécessite entre autres l'usage des imprimantes 3D, de la découpeuse laser et du robot industriel 6 axes.
Il nous a ouvert les portes de son atelier. Sur la table : des blocs translucides, de la colle et en bruit de fond, les imprimantes 3D qui s'activent. Il semble jouer avec un puzzle géant, à assembler.
Pour y parvenir, il y a eu plusieurs étapes :
"Pour reproduire le plâtre du Cheval de Séléné à l'échelle 1, j'ai effectué un scan 3D du modèle original, issu de nos réserves. C'est la technique de la photogrammétrie. Concrètement, j'ai pris des photos à 360° de la pièce avec un appareil. Il a créé des points dans l'espace. Reliés entre eux, ils ont formé un volume".
Et ce volume est ici composé de 3 millions de facettes, ce qui représente une demi-journée de calcul pour un ordinateur. Ce niveau de détail permet ainsi d'obtenir une reproduction extrêmement fidèle.
Mais il y a une difficulté : les imprimantes 3D de Raphaël peuvent produire des volumes d'au maximum 20 cm³ pour un plâtre haut de 80 cm. Il a ainsi dû le transformer en puzzle, à réassembler ensuite, via le logiciel Blender®.
Du plâtre à l'acide polylactique
En observant les imprimantes 3D, la magie opère. Chacune s'affaire à sa tâche en déposant par couche successive des filaments de PLA (acide polylactique), un bioplastique issu de l'amidon de maïs :
"Nous avons choisi un PLA neutre, sans pigment, donc biodégradable et plus écologique. Il est fabriqué en France, c'est important pour nous de connaître aussi la provenance des matériaux".
Progressivement, les blocs prennent forme. Il y en a plus d'une vingtaine et chacun a nécessité 24 heures d'impression.
Une technologie valorisée à TALM-Le Mans
Pour Raphaël, cette reproduction n'est pas une première. Dans l'atelier robotique, des élèves des différentes formations se croisent, qu'ils soient en art ou en design, pour utiliser le scanner et les imprimantes 3D. Cette technologie permet de préserver un travail : par exemple, si une réalisation en terre se détériore à la cuisson, il en reste une trace. Mais elle présente un autre intérêt :
Dans le cadre de notre exposition, les plâtres sont souvent très lourds, difficilement manipulables et ils ont une valeur patrimoniale et parfois matérielle importante. S'ils sont scannés, il devient possible de les observer librement sans avoir à les déplacer et risquer de les détériorer.
Rendez-vous à l'exposition Gypsothèque pour découvrir le Cheval de Séléné reproduit par Raphaël.