Deux cycles de conférences cette année à TALM-Angers !
Prochaine conférence : Liza Maignan
Cette année, TALM-Angers propose deux cycles de conférences : Talk active, désertions/désirables, consacré aux enjeux de la création contemporaine, et L'exposition de soi : politiques de l'intime, dédié aux enjeux de l'intimité à travers l’histoire de l'art. Les conférences sont gratuites et ouvertes au grand public, sur inscription.
Talk active – Désertions / désirables
Le cycle de conférences Talk active est conçu par 4 professeur·es de TALM-Angers : Pablo Bras – designer, Anne Couzon-Cesca – artiste, Émilie Notéris – travailleuse du texte et Vanessa Theodoropoulou – théoricienne de l'art.
Visio possible, demande du lien Teams : contact-angers@talm.fr
6 oct. – Toi et ta bande par Liza Maignan, curatrice au Palais de Tokyo
- Mardi 6 octobre 2026 à 17 h à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
Liza Maignan est curatrice, programmatrice et autrice indépendante. Elle a dirigé la galerie Florence Loewy de 2020 à 2025. Elle enseigne dans le Master XP à l’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne. En 2023 elle est lauréate de la bourse TextWork de la Fondation d’entreprise Pernod Ricard pour l’écriture de l’essai “Rumeurs des villes”.
En 2025, elle bénéficie du programme de résidence de recherche La Friche #5 au Palais de Tokyo. Elle est actuellement commissaire invitée au Palais de Tokyo, où elle prépare une exposition collective intitulée « Toi et ta bande » – autour des pratiques et des lieux artistiques situés en territoires ruraux (du 22 octobre 2026 au 13 février 2027, Palais de Tokyo, Paris).
17 nov. – Ne travaillez jamais, par Alastair Hemmens, chercheur
- Mardi 17 novembre 2026 à 17 h à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
Qu’est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? Depuis des temps immémoriaux, les réponses à ces questions, au sein de la gauche comme de la droite, ont été que le travail est à la fois une nécessité naturelle et, l’exploitation en moins, un bien social. On peut critiquer la manière dont il est géré, comment il est indemnisé et qui en profite le plus, mais jamais le travail lui-même, jamais le travail en tant que tel. Dans ce livre, Hemmens cherche à remettre en cause ces idées reçues.
15 déc. – Soustraire par Mathilde Pellé, designer
- Mardi 15 décembre 2026 à 17 h à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
Mathilde Pellé est une designer et chercheuse indépendante française née en 1987. En parallèle d’une activité de conception (objets et espaces), elle porte depuis 2016 le projet de recherche Soustraire.
Mathilde Pellé emploie la soustraction pour étudier les formes, disséquer les objets et faire expérience du peu. En l'appliquant aux environnements matériels contemporains admis (notamment domestiques), elle interroge la définition des « besoins » et insinue une réinvention sensible de nos modes de vie et des formes qui les accompagnent. Lors de cette conférence, elle présentera la progression de sa démarche Soustraire et détaillera les pratiques variées qu'elle emprunte.
19 janv. – Le livre des souterrains par Phoebe Hadjimarkos Clarke, écrivaine
- Mardi 19 janvier 2026 à 17 h à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
Avec Le livre des souterrains, Phoebe Hadjimarkos Clarke poursuit l'exploration des genres et des formes narratives en réinventant le motif du journal intime retrouvé. Mêlant enquête autour de la disparition d’une artiste contemporaine et réflexion sur notre époque, elle compose un roman foisonnant où se croisent théories et contre-théories de l’art, imaginaire gothique, contes, mythologies et méditations sur l’effondrement du monde.
L'exposition de soi : politiques de l'intime
Le cycle de conférences L'exposition de soi : politiques de l'intime est conçu par Ilan Michel, critique d’art – sur invitation du collectif Blast.
Les conférences ont lieu au Pad – Pépinière artistique du boulevard Daviers, au Musée des Beaux-arts ou à TALM-Angers.
15 oct. – Une chambre à soi par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 15 octobre 2026 à 18 h 30 au Pad, Pépinière artistique du boulevard Daviers – 3 Bd Daviers à Angers
Ce cycle de conférences s’ouvre sur un espace fondateur de l’intimité : la chambre. Or, il n’en a pas toujours été ainsi. Depuis le 19ᵉ siècle, lieu privilégié de la vie de couple, la chambre reflète les enjeux de l’idéal bourgeois. Y introduire des inconnu·es ou la transformer en terrain de jeu (Nicola L., Sophie Calle) sont autant de stratégies pour faire éclater le modèle conjugal. Peu à peu, la chambre devient un espace de vérité : elle raconte le désir et la dépendance sexuelle (Nan Goldin), mais aussi la perte (Felix Gonzalez-Torres). Si la chambre dit parfois la violence, elle représente l’espace même de la pensée, du rêve, du souvenir et ouvre à la fiction (Jean-Jacques Rullier, Dominique Gonzalez-Foerster).
12 nov. – Jeu de miroirs : voir et être vu·e par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 12 novembre 2026 à 18 h 30 à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
Au 19e siècle, les grandes psychés meublent les chambres bourgeoises. Peu à peu, le miroir se démocratise et permet l’accès à l’image de soi. Support d’introspection, l’accessoire est aussi un moyen de se conformer aux normes de beauté (Chantal Akerman, Marina Abramović). Le miroir devient au 20e siècle un outil de redécouverte de soi et de son intimité. En 1936, le psychanalyste Jacques Lacan met en lumière le rôle du miroir dans la formation du « Je ». Dans les autoportraits de l’artiste surréaliste Claude Cahun, le miroir ne révèle pas une vérité sur soi, mais relève de la mise en scène. Plus récemment, en 2005 au Grand Café, Leandro Erlich invite les visiteur·euses à se confronter à un dispositif troublant, où chacun·e devient tour à tour patient·e et psychanalyste.
17 déc. – Intense proximité par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 17 décembre 2026 à 18 h 30 à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
À partir de quand franchit-on la limite de l’espace vital de l’autre ? La « proxémie », notion forgée par l’anthropologue Edward T. Hall en 1963, met en lumière les normes invisibles qui structurent nos relations sociales. Yoko Ono invite le public à découper un morceau de ses vêtements. Ulay et Marina Abramović se tiennent nus dans l’embrasure d’une porte de galerie à Bologne : pour entrer, le ou la visiteur·euse doit franchir le seuil formé par leurs corps. À l’inverse, la filature implique de maintenir une distance précise : assez proche pour ne pas perdre la trace, mais suffisamment éloignée pour ne pas être découvert·e. Chez Sophie Calle, cette pratique devient un prétexte à l’autofiction.
4 fév. – Dans la peau par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 4 février 2026 à 18 h 30 à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
La peau a longtemps été pensée comme une frontière. Le philosophe Merleau-Ponty a démontré, à travers la sensation du toucher, qu’elle jouait le rôle d’interface. Acte de tendresse quand un baiser y est déposé (Barbara T. Smith), ou de réparation quand Marie-Ange Guilleminot offre ses mains aux passant·es de Tel-Aviv peu après un attentat à la bombe, toucher l’autre n’est jamais neutre. Alors que Dennis Oppenheim dessine sur le dos de son fils qui le retranscrit au mur, il croit entrer en contact avec son propre passé. Sentir la peau invite à reconnaître sa porosité, comme la vibration du pouls révèle les battements du cœur. Cependant, ouvrir la peau est tabou. Les organes en tissu d’Annette Messager, les paysages de chairs de Carole Mousset et la caméra endoscopique de Mona Hatoum nous font pénétrer à l’intérieur des corps comme dans une forêt interdite.
11 mars – Dévoiler la maladie par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 11 mars 2026 à 18 h 30 à TALM-Angers – 72, rue Bressigny à Angers
L’essayiste Susan Sontag écrivait en 1978 que l’expérience intime de la maladie nous rappelle brutalement que nous ne sommes qu’un corps. Qu’est-ce qui provoque ce malaise face aux poses de pin-up adoptées par Hannah Wilke, affaiblie par le cancer ? Face à la sidération, la chorégraphe Anna Halprin choisit de se réapproprier son corps et collabore avec des personnes atteintes de cancer ou du sida. Proche de la chorégraphe californienne, Alain Buffard, qui a participé à ses ateliers de danse-thérapie, reconstruit un corps hors norme, enrichi de prothèses. Aujourd’hui, Sabrina Röthlisberger transforme le crochet en un acte de résilience tandis que Benoît Piéron questionne l’idée de normalité et tente de forger des discours alternatifs sur la maladie.
13 mai – Réseaux sociaux, exhibition et surveillance par Ilan Michel, critique d'art
- Jeudi 13 mai 2026 à 18 h 30 au Pad, Pépinière artistique du boulevard Daviers – 3 Bd Daviers à Angers
La téléréalité et les réseaux sociaux ont redéfini les limites entre sphère publique et vie privée. Émilie Brout & Maxime Marion explorent cette porosité à travers une autofiction où ils se mettent en scène en tant que couple dans un quotidien idéalisé et « instagrammable ». La culture numérique transforme nos vies en spectacle permanent. En 2012, Ai Weiwei installe des caméras chez lui à Pékin, prenant le contre-pied de la surveillance dont il est victime. Si Internet se présente comme un espace de liberté, quelles traces laissons-nous à notre insu ? L’ADN constitue l’information biologique la plus intime que nous possédions. Pourtant, beaucoup n’hésitent pas à envoyer des échantillons pour des recherches généalogiques… Un matériau que la biohackeuse Heather Dewey-Hagborg utilise pour reconstituer les portraits-robots des donneur·euses.