Achille Piolot
TALM-Angers, 2025
DNA Art
Admis avec félicitations
Lors de projections vidéos, mon regard est souvent happé, détourné par les irrégularités de la surface qui accueille les images. En effet, les creux et les pleins, ces reliefs involontaires qui agissent sur l’image en la déformant créent des ruptures géométriques dans la lecture plane ordinaire à la vidéo. Dans l'expérience du cinéma classique, le film projeté creuse et sculpte des formes sur une surface plane, neutre et passive, l’écran. Sa mission est de révéler l’image, l’intercepter avant l’éternité d’une errance invisible dans le vide. L’écran est la condition de l’existence de l’image, alors pourquoi devrait-il être neutre ? Pourquoi l'écran ne sculpterait-il pas également la vidéo ? L’écran ne pourrait-il pas contenir lui aussi une partie de la narration que l’on développe presque exclusivement à travers l’image ? Ces questions m’ont amené à réfléchir à l’idée d’une surface active qui développerait une complémentarité écran - image par la projection. C'est ce que j'appelle des surfaces à activer / film volume. L'écran est tout autant au service de la vidéo que la vidéo de l'écran.
A travers ce travail de sculpture de l’écran, et des sujets que je mets en scène dans mes films, j’explore notamment l’architecture utopique. Cette forme d’architecture permet une refonte des enjeux architecturaux autant dans ses formes que dans ce qu’elle peut incarner, défendre voire devenir. L’utopie est ainsi garante d’un potentiel poétique et militant certain, dont j’aime me saisir pour mes réalisations.
Jury DNA Art 2025 : Charly Hamish Jeffrert (artiste), Ciuchta Jagna (artiste et professeure à l'École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy) et Vanessa Théodoropoulou (théoricienne de l'art et professeure à TALM-Angers)