Bande passante
Exposition des diplômé·es 2025 de TALM-Angers
La promotion 2025 des diplômé·es du DNSEP Art et Design de TALM-Angers exposent leurs réalisations lors d’une exposition qui leur est consacrée aux Anciennes Écuries, espace d'art contemporain à Trélazé (49).
Une exposition ancrée dans le territoire
Les Anciennes Écuries, espace d'art contemporain à Trélazé (49), offre l'opportunité aux jeunes diplômé·es du DNSEP Art et Design de l'École supérieure d'art et de design TALM-Angers d'exposer en son sein, en partenariat avec l'École. Pour la Ville de Trélazé, accueillir les jeunes diplômé·es est une manière d’affirmer son désir de valoriser la jeune création contemporaine sous toutes ses formes sur le territoire.
Lors de cette exposition, les diplômé·s proposent au public de découvrir le fruit de leurs travaux présentés lors de leur diplôme de fin d’étude – DNSEP, diplôme national supérieur d'expression plastique – valant grade de master, ainsi que des productions plus récentes.
Avec Capucine B. Fonteneau, Denzel Dinane, Fanny Douillard, Léo Duhamel, Claire Dupire, Éléa-Aïssatou Fall, Carla Frouin, Jolan Jaladis, Louis Jarry, Andrii Kozbar, Malo Lemonnier, Eva Loco, Melvin Lopez, Louise Molliere, Eftihia Peroulas, Edouard Picard de Rolland, Maëliss Pinard, Marie Ramat et Rosalie Roche.
EXPOSITION > du 16 janv. au 1er fév. 2026
VERNISSAGE > le 15 janv. à 18 h 30
PERFORMANCES DES ARTISTES > le dimanche 1er fév à 14h30
Un commissariat d'Hélène Cheguillaume
“Nous n’apprenons rien de celui qui nous dit « fais comme moi ». Nos seuls maîtres sont ceux qui nous disent « fais avec moi » et qui, au lieu de nous proposer des gestes à reproduire, surent émettre des signes à développer dans l’hétérogène”.
Gilles Deleuze
Prélude
Bande Passante signe la 2nde exposition des diplômés·es de l’École supérieure d’art et de design TALM-Angers aux Anciennes Écuries. Nouvelle étape pour ces jeunes artistes, l’événement marque aussi leur dernier rendez-vous avec l’établissement angevin qui a vu leurs pensées artistiques se construire et s’aiguiser au fil des dernière années.
Imaginée comme un récit, à la fois de légitimités et d’affirmations, l’exposition présentée aux Anciennes Écuries voit s’épanouir des démarches artistiques singulières, parties prenantes d’un vaste projet collectif qui dit les enjeux de la jeune création artistique contemporaine.
Se raconter
L’effervescence du DNSEP paraissant déjà loin et la rentrée bien entamée, nous nous sommes rencontré·es au mois de septembre 2025, une période qui, au fil de nos échanges, fut souvent qualifiée de charnière. Situé au cœur de l’automne et consécutif à la fin des études, cet intervalle voit parfois l’avenir s’inscrire en points de suspension. Les choix, tantôt s’affirment et parfois s’ajournent, et les questionnements, entre envies et nécessités, résonnent en filigrane comme un ressac à régularité variable.
Le projet d’exposition, mais surtout sa préparation en amont, permet de prendre le temps d’échanger sur ce temps post-diplôme ; récolter des nouvelles et en donner ; discuter des chemins empruntés ces derniers mois et des projets à venir. Bref, que se passe-t-il après le DNSEP ? Et au terme de quelques cinq années de rencontres quotidiennes : entre relation directe et régulière, ou bien indirecte par l’usage du même espace, des mêmes lieux et du même outil : l’École.
L’écrit demeurant au cœur du projet, travailler la démarche artistique en premier lieu permet de poser le jalon introductif et, pour chacun·e, de situer sa pratique individuelle. Cet exercice conduit également à assumer le processus de professionnalisation nécessaire pour réfléchir aux perspectives possibles après la fin des études en école d’art. Ainsi, à la faveur d’aller-retour entre nous, chacun·e affine son propos, articule ses idées, choisit le vocabulaire approprié pour, enfin, obtenir un texte disant la démarche artistique. Celle-ci se prolonge par la présence, au sein de l’exposition, des mémoires de fin d’étude. Entre l’archive et la documentation, chaque exemplaire constitue un medium artistique à part entière.
Définir
Trouver un titre pour exposer ensemble n’est pas une tâche évidente. Il s’agit de rassembler tout en ouvrant, d’entrecroiser et de définir le collectif, de dire sans trop dévoiler. Cette année, les artistes ont opté pour la continuité, à la fois citation et clin d’œil de à leurs prédécesseurs. Dans le langage informatique, le terme de bande passante est synonyme de taux de transfert de données. Le caractère mouvant constitue une aubaine pour caractériser le projet de fin d’études.
Par ailleurs, « Passant·es évoque le pont, le flux ou le blason ; la bande, le harnachement ou la flânerie ; la strophe ou l’alinéa… autant de directions propices aux projections personnelles et métaphoriques. »
Exposition Passant·es, janvier 2025
D’autre part et dans la sémantique équine, la bande d’une selle, se dit de deux pièces de fer plates, clouées aux arçons pour la tenir en état. Aussi, dans son acception héraldique, la bande d’hier réunissait des individus sous une même bannière ; dans le langage courant actuel, elle désigne un groupe de plusieurs personnes rassemblées pour un but précis. Bande passante nomme aujourd’hui l’exposition des diplômé·es Art et Design 2025 de l’École supérieure d’art et de design TALM-Angers.
Construire
Le projet d’exposition se construit selon différents espace-temps. De l’articulation d’une pensée artistique personnelle à la construction collective, la réflexion se veut à la fois intuitive, critique et génératrice de sens. Il ne faut pas oublier les étapes de planification, les contraintes temporelles et techniques : espace, temps et lumière.
La régie d’espace est d’ailleurs au centre du projet d’exposition. Comment montrer, extraire une énergie, ne pas transformer ? Comment faire exister une cohérence globale issue d’esthétiques plurielles avec équilibre et équité ?
Après avoir résolu ces questionnements, vient la période du montage de l’exposition. Celui-ci constitue un moment particulier et paradoxal car, à la fois ancré dans un lieu mais également hors du temps.
Les Anciennes Écuries des ardoisières abritaient les chevaux de trait utilisés au fond des mines pour tirer les wagons et relier les différents sites de transformation du schiste. Aujourd’hui, ce monument patrimonial témoigne d’une forte imprégnation historique, à la fois émouvante et dense. Il offre une opportunité de qualité pour dévoiler la création d’aujourd’hui par la nature et taille des espaces ainsi que leur caractère combinatoire où cohabitent l’ardoise, la brique, l’acier et le verre.
Ce lieu atypique devient, le temps de l’accrochage, un foyer au sein duquel nous formons une nouvelle famille. Les temporalités se succèdent, entre coups de feu, définition de choix, négociation et délibération mais également des moments de latence nécessaires.
Conter
Bande passante déploie un imaginaire collectif constitué d’approches singulières. De réflexions critiques sur l’actualité aux éplorations approfondies d’expériences individuelles, un grand nombre de médiums cohabitent. Parfois, l’objet se substitue à la présence humaine, parfois l’œuvre laisse une place active aux publics. Le temps ne souffre pas de se voir suspendu, loin de toutes contraintes de rendement.
L’exposition voit converger un faisceau d’esthétiques, embrassant tour à tour la poésie, la narration, la métaphore, l’humour ou l’ironie. D’approches formelles en pratiques conceptuelles, les thématiques abordées sont variées : de mimesis du réel au détournement de la culture mainstream, de la fragilité à la mémoire en passant par l’idée de l’errance ou du déplacement. Pour défier la nostalgie de l’absence et incarner l’évènement dans la durée, les artistes se sont succédé·es durant les temps d’ouverture, faisant ainsi l’expérience de leur exposition. Ces moments de présentation de son propre travail mais également celui des autres, ainsi que l’échange avec les publics, viennent nourrir les réflexions engagées et constituent une étape importante dans la démarche artistique.