Malo Lemonnier, portrait d'un jeune diplômé en sortie de résidence
Malo Lemonnier a obtenu son DNSEP Design à TALM-Angers en juin 2025. Grâce au dispositif Les Affluentes, soutenu par le ministère de la Culture, Marie bénéficiait depuis l'automne d'une résidence de création à l'École d'arts du Choletais. Celle-ci donne lieu à une exposition au Musée du textile et de la mode à Cholet jusqu'au 8 juillet 2026. Elle nous partage son parcours.
Entretien
TALM : Malo, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Malo Lemonnier : Je m’appelle Malo Lemonnier, mon parcours a débuté à Tours où j’ai passé un baccalauréat Arts Appliqués. À la suite de cela, j’ai commencé une formation en mode et textile que j’ai arrêtée en cours de route pour me réorienter. Fin 2020 j’ai rejoint les Beaux-Arts de TALM-Angers où j’ai obtenu mon DNA et DNSEP
TALM : Durant tes études à TALM, quels ont été les temps les plus marquants pour toi ?
Malo Lemonnier : Chaque année a été très différente et riche sur plusieurs plans : au sein de l’école, j’ai pu découvrir différents médiums et techniques qui sont venus enrichir ma pratique et m’ouvrir à de nouveaux champs de réflexions. L’enseignement théorique, les rencontres et discussions, les workshops ont été des moments forts qui m’ont permis de découvrir ce qui me touche et ce que je souhaitais développer pendant cette formation. J’ai eu très tôt une attirance pour le volume et plus précisément la céramique que j’ai eu l’occasion de développer et d’approfondir sur plusieurs années. Parallèlement, des voyages personnels sont venus marquer mes années aux Beaux-Arts, comme une immersion en Amazonie qui a été un moment vécu fort et qui m’a beaucoup apporté autant dans ma pratique plastique que dans les réflexions que je développe depuis quelques années.
TALM : Comment s’est passée la transition entre le statut d’étudiant à l’école et celui d’artiste en résidence ?
Malo Lemonnier : La transition entre le statut d’étudiant et d’artiste en résidence a été douce. J’ai retrouvé au sein de la résidence plusieurs aspects que j’appréciais aux Beaux-Arts : l’autonomie, les ateliers techniques, les discussions. Le cadre professionnel s’est ajouté à cela et m’a permis d’affirmer davantage ce que je souhaite pour la suite et comment je veux travailler, dans quel cadre, dynamique.
TALM : Que t’a apporté cette résidence jusqu’ici ?
Malo Lemonnier : À plusieurs reprises pendant cette période à l’EAC, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des artistes présent.e.s sur place, sur ce monde encore nouveau pour moi. J’ai pu identifier plus facilement les différents aspects du statut d’artiste-auteur, mes droits, les différents lieux culturels et les acteurs-actrices. Ces échanges précieux et riches m’ont permis de confirmer que je souhaitais continuer dans cette voie. J’ai aussi bénéficié d’un accompagnement professionnel de la part de TALM-Angers, qui a été disponible pour toutes les questions qui sont apparues au long de cette période.
TALM : Connaissais-tu Marie – ton binôme de résidence – avant de débuter la résidence ? Comment as-tu vécu ce partage d’atelier ?
Malo Lemonnier : J’ai rencontré Marie lors de la dernière année, pendant les diplômes. Étant en art et elle en design, nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions avant la résidence de se parler et d’échanger autour de nos pratiques. Certaines périodes de la résidence ont été propices pour se rencontrer et apprendre à se connaître, découvrir nos pratiques et notre façon de travailler. Le partage d’atelier apporte une dynamique intéressante, stimulante et évite aussi une situation d’isolement ou de solitude à laquelle on peut être sujet une fois sorti de l’école. J’ai apprécié le fait de partager cette situation professionnelle nouvelle pour nous deux et de pouvoir s’entraider dans les difficultés rencontrées.
TALM : Peux-tu nous présenter ton travail ?
Malo Lemonnier : Pour cette résidence, j’ai souhaité poursuivre un travail commencé pour le diplôme autour d’une végétation spéculative dont les modalités d’existence diffèrent, s’émancipant ainsi des classifications actuelles. Mon intérêt s’est porté sur ce lieu interstitiel dans lequel ces formes végétales s’enracinent. Étant à la fois espace de mélange, aux propriétés et matières qui déterminent le développement de celles-ci tout en se faisant lui-même impacter par les formes de vie qui s’y développent. Au-delà de ces frontières physiques, cet espace à la fois cryptique et atmosphérique évolue dans une instabilité temporelle, où la matière, poreuse et fragile, oscille entre le construit et le détruit.
TALM : Vous préparez une exposition au Musée du textile et de la mode de Cholet grâce à cette résidence. Peux-tu nous parler de cette future exposition ?
Malo Lemonnier : Pour la première fois, l’exposition Dialogue sera présentée au Musée du textile et de la mode. Au-delà de la possibilité d’exposer notre travail réalisé pendant cette période de résidence, nous avons eu plaisir à découvrir un lieu marqué par son passé industriel qui continue de vivre au travers des collections permanentes et temporaires ainsi que de son architecture. Il était important pour nous d’inscrire nos recherches en résonance avec l’ancienne blanchisserie et son histoire, en cherchant un équilibre entre l’existant et nos propres pièces. Mes recherches m’ont amené à explorer les cuves de la blanchisserie, à la recherche des traces passées, résidus et matières qui coexistent.
L'exposition Dialogues est à découvrir jusqu’au 5 juillet 2026 au Musée du textile et de la mode à Cholet !